« Domine, ad quem ibimus? Verba vitae aeternae habes. » Jn 6, 68














 
                    

dimanche 14 mai 2017

Julienne de Norwich, Recluse anglaise († v.1430)

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Julienne de Norwich

Recluse

(1342 † v.1430)

 

Cette recluse du XIVe siècle est connue grâce aux révélations reçues à l'âge de 30 ans. Le 13 mai 1373, au cours d'une maladie grave, Julienne reçut en effet seize visions qu'elle mit ensuite par écrit. D'abord dans une version courte, et vingt ans plus tard, dans une deuxième version élargie et mûrie. C'est le premier livre écrit par une femme en langue anglaise. Thomas Merton désigne Julienne comme étant la plus grande théologienne d'Angleterre avec John-Henry Newman.

Les Révélations

Les écrits de Julienne sont d'une fraîcheur inouïe. Dans une époque troublée et tourmentée par la Guerre de Cent Ans, la peste noire, le schisme d'occident, le Christ vient redire, par l'entremise de cette jeune femme, qu'il a vaincu tout mal par sa mort sur la Croix. Par les visions reçues, Julienne saisit profondément combien la confiance dans l'Amour Divin doit être plus forte que tout regard pessimiste. Elle grandit dans cette même confiance en la miséricorde divine que Thérèse de Lisieux aura cinq siècles plus tard.

Julienne répète que ses visions lui furent accordées pour consoler et réconforter toute personne, sans exception, pour que tous comprennent combien Dieu les aime et pour leur apprendre à s'aimer les uns les autres. Elle les reçut de trois manières : par représentation corporelle, par compréhension intellectuelle et par vue spirituelle. Des cinq visions découlent les seize révélations.

Mystère de la Passion et de la mort du Christ

Dans ses révélations, le Christ répond au désir de Julienne d'être profondément pénétrée de sa Passion. Il se montre à elle crucifié, souffrant et mourant. Mais la compréhension qu'il lui en donne fait contraste avec le climat sombre de l'époque. Jésus conduit Julienne dans le profond mystère du salut où la joie de la Trinité surabonde. Car l'œuvre accomplie par le Christ dans sa Passion et dans sa mort réconcilie l'être humain avec son Dieu. Julienne ne voit à aucun moment la colère de Dieu, mais plutôt, la joie surabondante de voir tous ses enfants à nouveau en lui. Une Œuvre insoupçonnée demeure cachée au cœur de la Trinité faisant croire à Julienne que «tout finira bien». Le Christ le lui répète à plusieurs reprises, la conduisant petit à petit à une espérance renouvelée.

Réclusion

A la suite de ces visions, Julienne se retire dans un ermitage annexé à une église de sa ville natale de Norwich. Elle y vivra comme recluse jusqu'à la fin de sa vie où elle méditera sans cesse les enseignements reçus. Le nom qu'elle porte ne serait pas celui de son baptême, mais plutôt celui du patron de cette église, saint Julien. Elle entre donc dans un effacement complet, comme Jean le Baptiste, pour laisser toute la place au Christ dans sa vie : «Il faut qu'il grandisse et que moi, je diminue» (Jn 3, 30). Naîtra alors la deuxième version des révélations vingt ans après les avoir reçues.

Figure œcuménique

Julienne a exercé, de son vivant, un rôle considérable, comparable à celui de Catherine de Sienne, dont elle est la contemporaine, ou de Brigitte de Suède. Elle est vénérée autant dans l'Église catholique que dans la communion anglicane et même dans la tradition épiscopalienne qui voit naître en 1982 un ordre monastique portant le nom de la recluse.

L'église Saint-Julien, restaurée en 1953, est maintenant un sanctuaire dédié à Julienne. À proximité, l'Association Internationale des amis de Julienne de Norwich tient ses locaux. Et sur la façade de la Cathédrale de Norwich, la statue de Julienne est à côté de celle de saint Benoît, puisque Julienne aurait été affiliée à l'Ordre bénédictin.







 
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